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Une bouteille à la mer
Journal intime

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TchatcheBlog: Une bouteille à la mer

Catégorie : Journal intime
Créé le :  25 juil. 2007 21h13 par ptitcaillou
Modifié le :  14 avr. 2008 18h47
Visité :  1958 fois Cette semaine :  2 fois

Description :
Une bouteille à la mer lancée à une personne disparue qui aurait pu être, qui aurait dû être, mais qui ne l'a jamais été, qui a surgi de mon esprit en attendant que la vie ne réalise mes rêves...


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6 Aoüt 2007
Créé le : 14 avr. 2008 18h47 Article posté par : Web

Ma chérie,

 

Je me réveille et en me regardant dans la glace, je me suis fait peur. J'ai des cernes, non pas des cernes, des valises qui ont pris place sous mes yeux. J'ai passé une très mauvaise nuit, je ne trouvais pas le sommeil. Je ressassais plein de souvenirs, j'essayais de me blottir contre ton oreiller pour me laisser aller au sommeil, mais je n'y arrivais pas. Une larme coulait sur ma joue droite, je souhaitais revenir en arrière dans le temps, pour te sentir contre moi, que nos corps se complètent dans notre amour, mais ce n'était qu'une envie que je ne pouvais réaliser...

Je pensais à plein de choses, mon esprit était ailleurs, j'en avais oublié ce qui se pouvait se passer autour de moi, quand je les ai entendus. Je n'étais pas seul, autour de moi, deux femmes étaient présentes, je ne les avais pas vues entrer, quel chemin elles avaient emprunté, mais elles étaient dans la chambre, sans que je ne les y aie invités. Je les entendais s'affairer, elles dansaient une farandole endiablée pour éviter que je ne sois gagné par le sommeil et que je me réfugie dans les bras de Morphée. Je ne les distinguais pas, la nuit était pleine, sans lune pour ternir sa ténébreuse couleur. Mais elles troublaient le silence de leur chanson envoûtante, se mélangeant dans leur mélodie, tantôt l'une à droite, l'autre à gauche et vice-versa... Elles remplissaient l'espace de leurs sons, de leur complainte et éveillaient des souvenirs en moi qui remontaient à l'été dernier, alors que tu étais encore auprès de moi, ton ventre bien rond, à moins d'un mois de cette date fatidique...

Elles me frôlaient, je sentais leurs caresses furtives, puis s'éloignaient avant que je ne puisse les toucher. Cela en devenait enivrant, je devais essayer de les distinguer pour les attraper, et elles tentaient de me toucher en divers points de mon anatomie. J'en avais la tête qui tournait, mes sens étaient en action au plus au point. Je tendais l'oreille pour détecter le moindre bruit, le moindre son, le moindre mouvement qui trahirait leur emplacement. J'augmentais la sensibilité de mon corps pour ressentir le moindre frôlement, le moindre passage tactile de leur part. Elles m'emmenaient dans leur danse frénétique, et je tourbillonnais avec elles, elles virevoltantes autour de moi...

Je ne pouvais me résoudre à trouver le sommeil, elles étaient si proches et pourtant si loin, je les connaissais sans les connaître, je savais qui elles étaient sans jamais les avoir rencontrés. Elles jouaient avec moi comme avec un objet, j'étais leur objet de convoitise, j'étais leur quête, leur Graal, je représentais l'envie pour elle, l'envie de me lutiner, la luxure, ce besoin d'abuser de moi, la gourmandise, l'idée de cette vigueur que je pouvais leur apporter, l'avarice, le fait de me garder pour elles deux et me savourer... Quand je pensais les ressentir à droite, je les entendais à gauche, quand je les ressentais à gauche, elle me taquinait le bras à gauche... J'étais entré dans leur jeu, j'en rigolais, je leur parlais, mais elles ne décrochaient mot, juste leur ritournelle lancinante comme pour me narguer...

Leur danse devint tout à coup un peu plus perverse, car non contente de me frôler et d'exacerber mon anatomie, elles commencèrent à laisser la pointe de leur lèvres sur ma peau, si rapidement que je n'avais le temps de les capturer, mais j'en sentais néanmoins la morsure, là où elles avaient déposé leurs baisers, pas des baisers d'amour, doux et sensuels, mais plutôt des baiser bestiaux, laissant des traces indélébiles et une démangeaison instantanée. Et elles y allaient de gaieté de cœur, alors que je n'appréciais plus d'être l'objet de leur attention. J'essayais d'être plus rapide dans mes mouvements, mais je ne faisais que de me taper dessus au final, sans même les effleurer, se moquant de moi en amplifiant leur chanson devenue de guerre...

J'allumais enfin la lumière et je les vis, là, adossées contre le mur. Deux femelles moustiques, pleines du sang qu'elle m'avait dérobé par les multiples piqûres dont elles avaient marqué mon corps me toisaient, prêtes à repartir à l'attaque, mais je ne leur ai pas laissé le temps, un coup d'oreiller leur coupa le sifflet instantanément, ne laissant que deux traces rouge maculé le mur où un instant avant, elles se targuaient de pouvoir encore me sucer le sang. J'allais enfin pouvoir dormir, si je ne me démangeais pas trop, car j'avais la peau couverte de leur passage et de leur amour. Marion dormait paisiblement dans sa chambre, elle avait été épargnée par les moustiques, heureusement pour elle...

J'ai pu replonger dans mes rêves auprès de toi, afin que tu me réconfortes et que la douceur de tes lèvres efface de doux baisers les morsures que les moustiques y avaient ancrées. Je me sentais bien, j'étais contre toi, je t'enlaçais et nous nous endormions paisiblement. Et quand je me suis réveillé au matin, tu n'étais plus là, mais les traces de la veille étaient toujours présentes... Que c'est difficile de vivre sans toi, si loin de toi, tout seul, sans ton amour au quotidien, même un simple moustique en arrive à me perturber, alors qu'avant, je ne voyais que toi, le monde pouvait s'écrouler autour de nous, je ne m'en rendais compte... Je t'aime, Caroline, j'ai besoin de toi, reviens auprès de nous, franchis à nouveau le seuil de la mort dans l'autre sens et partageons notre amour éternel à nouveau sur cette Terre, autour de Marion...

 

                        Ton Ptit Caillou


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5 Août 2007
Créé le : 09 avr. 2008 18h34 Article posté par : Web

Ma pierre précieuse,

 

Merci pour cette douce chaleur que tu as commandé pour nous et qui nous fait enfin sentir que nous sommes en été. Merci pour ta bienveillance envers nous, pauvres hères subissant l'assaut des averses à répétition, entre deux orages. Merci mon cœur, de m'apporter ce baume au cœur et de permettre à Marion de déambuler dans le jardin dans risquer de s'embourber dans les mares que les nuages ont remplies à satiété. Cette douce chaleur a fait ressortir les estivants de leur home et abandonner leur pull pour revêtir enfin leur tenue de saison. Le thermostat céleste a enfin été débloqué, Marion a pu jouer dans sa petite piscine extérieure.

La chaleur nous a étreints de ses mains fortes, les gens se plaignaient du froid persistant, là, ils ont été servis sous des températures somme toute caniculaire, comme aiment à le seriner les présentateurs de la météorologie nationale, dès qu'il fait plus de 30° une journée quelque part en France. Je me suis habitué à cette chaleur lorsque nous cohabitions chez toi, sous les toits... Ton appartement était situé au dernier étage d'une résidence de quatre étages. Deux velux permettaient d'éclairer ton antre et nous aimions regarder dehors ce qui se passait chez tes voisins sans être vu. Le plus marrant était les prises de becs de ceux d'en face, prises de becs récurrentes quand le langage de l'un correspondait à la surdité de l'autre.

Mais l'été venu, le soleil du sud aimait réchauffer l'atmosphère intime de ton chez toi via ces deux velux. Lorsque nous rentrions le soir, c'était une véritable étuve. Une chape de chaleur nous accueillait et déposait un manteau pesant sur nos épaules. Tes deux climatiseurs ne suffisaient pas à rendre vivable ton appartement, nos corps dégoulinaient de sueur dès que nous mettions un pied dedans, et se coller l'un à l'autre n'était pas agréable, loin de là, le contact chaleureux de l'autre avait l'effet inverse de lui escompté. Nous étions abrutis, nous nous laissions tomber comme des loques...

Bien sûr, prendre une douche nous procurait du bien-être, mais lorsque nous en sortions, ce n'était que pour être recouverts de gouttelettes de sueurs remplaçant celles d'eau. Nos bains étaient fréquents pendant ces périodes chaudes, et nos étreintes balnéaires ne permettaient pas de rafraîchir  notre environnement de vie.

Nous nous laissions tomber devant les climatiseurs, et nous n'en bougions plus, le moindre effort était exclu sous peine de perdre un litre de transpiration. Mais le frigidaire n'était pas à côté, et il fallait toujours que l'un de nous deux se dévouent pour ramener des boissons fraîches dans un verre rempli de glaçons... A ce jeux de faire fondre l'autre, sans jeu de mots, tu étais experte, ton regard de biche proche de la mort simulée marchait dans la plupart des cas, sauf lorsque je faisais celui du faon, en me blottissant contre toi avec mon air bébé, mais je n'avais pas ton ancienneté dans l'art d'amadouer les gens les yeux dans les yeux. Comme une âme en peine, je me levais, et une cascade de sueur prenait vie tout au long de mon anatomie, me donnant l'effet de concourir pour un défilé de t-shirt mouillé, le prix de la plus jolie bouée m'étant décerné d'office...

Le seul avantage que nous trouvions à cette canicule interne, c'était de pouvoir manger plein de glaces qui dégoulinaient sur nous alors qu'elles fondaient avant que nous ne les ayons finis, et de profiter de nos jeux de langues pour déclencher des frissons à la surface de notre peau, moments rafraîchissants. Nous perdions également du poids, tu n'en avais pas besoin, toi, mais moi un peu, même si tu aimais t'assoupir le soir sur ma bouée abritant les carrés de chocolat que je cachais pour éviter toute émeute lors de mon exposition solaire sur les plages des littoraux... Oui, je te plagie, tu aimais me répéter cette phrase pour que je ne me focalise pas sur cette bouée que je voulais à tout prix perdre, mais dont tu étais fière, car c'était ma marque de fabrique me rendant modèle unique, donc rare et cher et une espèce en voie de disparition à protéger...

Que tous ces moments me manquent, je n'ai plus que mes souvenirs avec toi pour les vivre, mais nous n'en créerons plus ensemble, du moins sur cette Terre. Avec Marion, j'écrirais un nouveau livre à quatre mains, alors que le nôtre était  peine entamé... Le voile de tes mains frôlant mon corps dégoulinant de sueurs sous la chaleur estivale ne me fera plus frissonner que dans mes rêves, la glace qui chemine entre mes pectoraux ne sera plus lécher par toi que dans mon esprit, mais mon cœur à jamais se souviendra de toute la chaleur du tien que tu m'as offert pour mon plus grand bonheur... Je t'aime à en mourir, mon amour...

 

            Ton Ptit Caillou
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4 Août 2007
Créé le : 02 avr. 2008 21h04 Article posté par : Web

Ma chérie,

 

Pourquoi n’es-tu pas à mes côtés pour voir Marion s’épanouir, pourquoi a-t-il fallu que le destin se mêle de notre vie après nous avoir réunis pour nous séparer à jamais dans ce monde des vivants, pourquoi n’a-t-on pas eu le droit de vivre notre amour comme nous l’aurions souhaité, pourquoi t’a-t-on pris à moi, pourquoi toi et pas moi, pourquoi une Maman n’a-t-elle pas le droit de voir la chair de sa chair grandir, auprès d’elle et non là-haut, dans cet univers céleste où tu te trouves désormais, pourquoi la vie n’épargne pas ceux qui s’aiment…

Tant de question que je me pose quand je vois Marion grandir, quand je vois Marion sourire, quand je vois Marion faire des bêtises, et d’en être fière en plus. Il est vrai que parfois, je lui tends la main pour qu’elle réussisse parfaitement ses bêtises, une bêtise à moitié réalisée n’est jamais une vraie bêtise. Mais bon, c’est tellement agréable de la voir rire, cela me met du baume au cœur, illumine ma journée pour atténuer l’effet des ténèbres de ton trépas.

J’étais en train de changer Marion quand le téléphone a sonné. Et elle ne voulait pas me laisser lui remettre sa couche, elle gesticulait des pieds pour me repousser en rigolant, et je n’arrivais pas à me concentrer sur l’appel. J’ai remis Marion par terre, les fesses à l’air, pour la laisser gambader un peu dans le salon. Aussitôt par terre, aussitôt elle a essayé de se mettre debout et en s’accrochant à tout ce qu’elle pouvait, elle a commencé à déambuler. Je la suivais de loin, le téléphone à la main, à ma conversation tout en surveillant qu’il ne lui arrive rien et qu’elle ne fasse pas de bêtise non plus.

Soudain, elle me regarda en poussant un « oh », je n’ai pas compris de suite, mais un petit bruit suspect m’alerta. Marion était de profil, donc je ne voyais pas, mais d’un seul coup, j’ai aperçu des éclaboussures à ses pieds, Marion était en train de se faire pipi dessus et de marquer son territoire à l’embrasure d’une porte. Elle en rigolait, toute guillerette, j’ai arrêté de suite la conversation, mais le mal était fait, Marion s’était totalement soulagée, et elle piétinait dedans, contente d’en mettre partout. Quand elle a vu que je m’approchais d’elle en lui parlant fort, non pas pour la gronder, puisque j’étais le seul fautif de ne pas lui avoir remis la couche, mais pour éviter qu’elle ne bouge, Marion a pris cela pour un jeu et s’est mise à quatre pattes pour pouvoir s’éloigner de moi en avançant plus vite.

Bien lui en a pris, elle s’est mise dans son pipi et à commencer à avancer en laissant derrière elle une traînée jaunâtre, alors que je continuais à l’appeler. J’étais de l’autre côté du salon, le temps d’arriver jusqu’à elle, elle se carapatait en continuant son petit bonhomme de chemin, pensant toujours à un jeu, son Papa étant un gentil monstre qui cherchait à l’attraper pour lui manger son petit bidon. Ce petit jeu nous a menés chacun d’un côté du canapé, j’essayais de la rejoindre en évitant de marcher dans les flaques de pipis, et elle continuait de me fuir alors que je partais dans un sens. En faisant demi-tour, j’ai réussi enfin à la rattraper pour la soulever à bout de bras, pour éviter que Marion ne m’en mette aussi dessus.

Alors que je lui montrais ce qu’elle avait fait, elle était hilare, ses petites joues rouges, elle frétillait comme un petit poisson, et continuait d’être dans son petit jeu, je ne pouvais qu’en sourire, elle était si craquante, si nature. Il a fallu que Papa lui fasse prendre un petit bain pour la nettoyer, bien sûr, j’ai eu le droit également à ma dose d’eau par jeu d’éclaboussure, et je lui ai remis une couche, chose que j’aurais dû faire finalement au lieu de me laisser distraire par le téléphone et de baisser les bras devant son insistance à me repousser. Je l’ai mise un instant dans son parc pour que je puisse avoir les mains libres et laver le salon, non sans oublier de l’aérer pour disperser la petite odeur désagréable qui parfumait l’atmosphère…

J’aurais aimé que tu sois là, tu en aurais rigolé comme moi, tu aurais même mieux réagi que moi, j’en suis certain, tu ne te serais pas laissé faire par Marion, je suis peut-être trop léger avec elle parfois, mais je n’ai plus qu’elle pour me rattacher à la vie, me rattacher à toi, elle est le dernier lien qui nous unit ici. Tu me manques tant, tu sais, Marion a tant besoin de toi et de ta douceur, mon bébé. C’est si dur de ne pouvoir que t’écrire « je t’aime », alors que je voudrais tant de le dire dans les yeux…

 

                        Ton Ptit Caillou


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3 Août 2007
Créé le : 25 mars 2008 19h54 Article posté par : Web

Mon bel amour,

 

Les vacances se profilent, mais je n’en ai pas vraiment le goût. Bien sûr, je vais profiter plus de Marion, bien sûr, je vais pouvoir me reposer, mais ces vacances n’auront plus jamais la même saveur, car tu ne les partageras plus, nous ne découvrirons plus ensemble de nouveaux horizons, alors, je n’ai pas le cœur à partir, nous allons rester ici, à Etretat, dans notre petit coin de paradis, dans cette maison qui est le nid de notre amour, où tout ce qui s’y attache me rappelle à toi.

Oui, cette maison où nous voulions partager le restant de nos jours, que nous avions cherché depuis toujours et qui était là, à nous attendre simplement. Nous voulions nous échapper de la grisaille parisienne, ne plus supporter le stress et la nervosité des gens, pouvoir s’échapper des transports en commun et des embouteillages à répétition, et respirer le bon air de la campagne et de l’iode marine. Etretat était une évidence pour nous, tu m’avais fait aimer ce coin, tu me l’avais fait redécouvrir avec les yeux de l’amour, et nous n’envisagions pas d’autres destinations pour faire germer notre amour et pour accueillir les enfants que nous souhaitions.

Après étude de notre budget, nous avons parcouru les agences immobilières des environs pour découvrir ce qu’ils avaient comme offre. Mais nos premières présentations de maisons ne nous enchantèrent guère, sans nous décourager. De vieilles bicoques avec tout à refaire à l’intérieur, à se demander comment la maison pouvait encore tenir debout quand nous constations l’état des joints des meulières, ou de véritables courants d’air où les murs ne servaient qu’à délimiter des pièces, mais pas à conserver la chaleur. D’autres maisons magnifiques, avec piscine attenante, de belles pièces dont les plafonds étaient dessinés de poutres anciennes, des jardins retracés à la Le nôtre, nos regards pétillaient devant tant de splendeur, mais il y avait un petit hic, c’est que notre budget ne nous permettait que de visiter et de rêver, mais pas d’acheter pareilles maisons.

Hors de question de penser à une maison de ville sans jardin, encore moins d’un appartement, nous désirions un jardin pour pouvoir nous détendre le soir à regarder le soleil se coucher, assis dans l’herbe autour d’un verre de champagne, blottis l’un contre l’autre pour l’été, et une cheminée dévorant de grosses bûches et une belle flamme léchant l’âtre pour l’hiver. Nous n’étions pas découragés par ce que nous voyions, mais nous doutions que les agences puissent un jour trouver notre bonheur.

Comme nous étions sur place, nous en avons également profité pour parcourir les alentours, nous reposer entre campagne et mer, entre douceur des étendues vertes, et repos du regard face à l’étendue azurée. Et au détour d’une route, une petite pancarte manuscrite, « A vendre ». Nous nous sommes pris la main et nos cœurs se sont mis à battre, elle était là et nous attendait, nous ne savions pas l’expliquer, mais au  fond de nous, il n’y avait aucun doute, cette petite maison de meulière dans ce petit coin de paradis, pas le paradis avec un jardin luxuriant, mais au contraire, la simplicité du cadre. Nous avons frappé à la porte, et une personne âgée nous entrouvrit la porte. Lorsque nous lui avons dit que nous souhaiterions visiter sa maison, ayant vu le panneau, son sourire s’illumina et la vieille dame nous expliqua qu’elle n’y croyait plus, que peu de personnes étaient venues et que le lieu un peu retiré gênait. Bien au contraire, nous appréciions ce lieu retiré, et la visite de la maison nous conforta dans notre ressenti.

Un vieux salon à l’ancienne, avec des poutres à restaurer, une cheminée trônant au milieu, nous nous imaginions déjà devant. La cuisine vieillotte, mais dans laquelle tu te voyais déjà en train de mijoter de bons petits plats après une réfection de la pièce. Un grand garage pour y garer au moins deux voitures, avec un cellier attenant pour y cacher toutes nos dives bouteilles dont nous ferions l’acquisition une fois sur place. A l’étage, trois chambres et une grande salle de bain pour finir la visite de la maison. Même si nous n’étions pas des professionnels du bricolage, sous tes conseils, notre petit nid prendrait forme. C’était cette maison et nulle autre que nous souhaitions.

La vieille dame nous offrit un café et nous expliqua qu’elle devait partir car la maison n’était pas conçue pour une personne de son âge, elle commençait à avoir des difficultés pour s’y déplacer. Et elle nous compta sa vie avec son mari, tous les jolis moments qu’elle avait vécus ici, cette maison qu’elle n’aurait voulu quitter mais que les méfaits de l’âge l’obligeait à quitter à contrecœur. Lorsque nous avons abordé le coût de l’acquisition, son prix nous fit couler les larmes aux yeux, et sans nous concerter, c’est d’un « Oui » commun que nous lui avons répondu. Elle se joint à nos larmes car elle ne croyait plus la vendre non plus, et les démarches administratives réglées, trois mois plus tard, tu franchissais le pas de la porte dans mes bras…

J’en frissonne encore de te l’écrire, c’est si merveilleux pour nous, notre chez nous à nous, notre maison du bonheur. Elle respire toujours ce que tu lui as apporté, tes petites touches de vie, de couleur, elle est toi, tout simplement. Jamais je ne la quitterais, ce serait comme te dire au revoir une seconde fois. Cette maison est une partie de la concrétisation de notre amour, et Marion le ressent, elle semble épanouie à y vivre. Merci mon amour d’avoir fait de cette maison notre petit coin de paradis à nous, mais l’ange qui y vivait me manque tellement, cet ange qui ensoleillait ma vie, toi ma douce Caroline, que j’aime à la folie et même plus encore. Ma chérie, que la vie est difficile sans toi et tout ce que tu représentes pour moi…

 

                        Ton Ptit Caillou


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2 Août 2007
Créé le : 22 mars 2008 21h20 Article posté par : Web

Mon ange de cristal,

 

Le temps n’est plus le même, le soleil a du mal à se lever le matin, et ses rayons sont ternis, ils n’ont plus le même éclat, la même chaleur, la même intensité… Les nuages prennent le pouvoir, estompent la lumière, pire, la transforment en grisaille et expulsent leur colère en grêle, orage, coup de vent, bruine et autres ondées… Avril est passé, avec son dicton de ne pas se découvrir, avec des températures dignes d’un mois de Juillet pour laisser place à Mai, où en principe, nous devons faire ce qu’il nous plait, et pour cette année, c’est ressortir les pulls, aller chez le médecin pour soigner son rhume ou ses allergies aux imperméables et autres bottes en caoutchouc…

Oui, tu vois, ton absence influence aussi le temps, le ciel nous inonde de ses larmes, toi qui étais le reflet du soleil, qui ensoleillait ma vie, mon existence… Même le sourire de Marion n’y fait rien, elle n’a pas encore ta force, cela viendra avec le temps, pour le moment, elle se contente d’être arrosée comme la jolie fleur qu’elle est… Ma vie ne sera plus jamais la même, tu le sais d’où tu m’observes, dans ton nouveau pays, tout ce que tu m’as apporté par le passé, je ne l’aurais plus qu’en souvenir dans mon esprit, qu’en perpétuel recommencement au fond de mon cœur, mais plus de nouveautés, plus de moments à créer et recréer… Ah, si tu étais encore auprès de nous, si ce maudit jour ne s’était produit, oui, si…

Si tu étais encore là, à mes côtés, un seul de tes regards, à la fusion de braise, suffirait à faire fondre les icebergs. Le doux son de ta voix permettrait de faire stopper toutes les guerres et d’entrer dans l’âge de paix. La lumière de ton sourire éradiquerait la famine, chacun mangerait à sa fin, plus de mortalité pour des hommes et des femmes affamés, ce qui ne devrait être au vingt-et-unième siècle. L’envol de ta crinière blonde chasserait la maladie dans un claquement de fouet, et donnerait l’impulsion manquante aux dernières trouvailles en matière de médecine. Le toucher de ta main soignerait les plaies physiques et les douleurs de l’âme. Un seul de tes baisers donnerait le sens au mot « heureux », le cœur des hommes s’enflammerait vers un âge d’or jamais connu. La simplicité de tes gestes pourrait changer le cours du temps, comme le battement des ailes du papillon le fait à l’heure actuelle. La moindre de tes envies te ferait devenir reine, car comment résister à une sirène croisée avec un ange…

Chacun de tes rires pourrait procurer le bonheur aux gens tristes et chasser la morosité qui nous entoure. Un seul battement de tes cils pourrait changer le climat mondial, plus de sécheresse, plus de mousson, qu’un climat tempéré partout, pour des cultures à foison à travers le monde. Mais au contraire, chacune de tes larmes suffirait à faire déborder les océans, et à remodeler la géographie de la planète. Une seule de tes colères pourrait entraîner l’apocalypse et être pire que les plaies d’Egypte. Ton cri pourrait déclencher des tremblements de terre, les failles se seraient entrouvertes pour engloutir tout sur leur passage. Taper du pied engendrerait des tsunamis encore jamais vus sur Terre, et recouvrirait de raz-de-marée toutes les villes côtières...

Mais tu n’es plus auprès de moi, et tout cela n’est que vil rêve, utopie issue de mon esprit attristée par ta perte, tu étais la femme de mes rêves, non tu es la femme de mes rêves. Depuis ton départ, mon univers s’est brisé, comme s’étant contracté sur lui-même en un énorme trou noir ravageant tout sur son passage, peut-être encore une de tes manifestations célestes de ta colère de n’être plus à mes côtés… Mais je me raccroche à mes souvenirs, à nos souvenirs, eux sont l’image de ce que tu as fait, de ce que tu aurais pu faire, … Oui, tes sourires redonnaient l’espoir aux enfants dont tu t’occupais chaque jour, ta tendresse leur offrait ce qu’ils n’avaient jamais connu jusque là ou très peu, ton dévouement en leur donnant la vision de ce qu’était être aimé, au lieu d’être rejeté, battu, pour ne pas dire pire…

Aujourd’hui, tu n’es plus, et pourtant, tu es tant au fond des cœurs des gens que tu as côtoyé, au fond de l’âme des gens à qui tu as montré un nouveau chemin, tu es un exemple à suivre pour certaines petites filles à qui tu as tendu la main, et tu as donné le meilleur de toi pour notre petit amour de Marion. Mais tu manques à tous ces gens, et encore plus à moi, je ne suis plus rien sans toi, je ne suis qu’un enfant perdu dans une forêt vaste, esseulé et aveugle, et pleurant à qui voudra lui rendre sa mie, son amour perdu, l’être qui lui a le plus offert sans rien attendre en retour… Je t’aime ma Caroline, je ne te l’ai pas assez dit de ton vivant, et je ne me lasserais de te le dire jusqu’à ce que la mort nous rapproche…

 

                        Ton Ptit Caillou


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