Une bouteille à la mer
Journal intime
Une bouteille à la mer
Catégorie :
Journal intime
Créé le :
25 juil. 2007 21h13 par ptitcaillou
Modifié le :
14 avr. 2008 18h47
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1958 fois
Cette semaine :
2 fois
Description :
Une bouteille à la mer lancée à une personne disparue qui aurait pu être, qui aurait dû être, mais qui ne l'a jamais été, qui a surgi de mon esprit en attendant que la vie ne réalise mes rêves...
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| Créé le : |
14 avr. 2008 18h47
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Ma chérie,
Je me réveille et en me regardant dans la glace,
je me suis fait peur. J'ai des cernes, non pas des cernes, des valises qui ont
pris place sous mes yeux. J'ai passé une très mauvaise nuit, je ne trouvais pas
le sommeil. Je ressassais plein de souvenirs, j'essayais de me blottir contre
ton oreiller pour me laisser aller au sommeil, mais je n'y arrivais pas. Une
larme coulait sur ma joue droite, je souhaitais revenir en arrière dans le
temps, pour te sentir contre moi, que nos corps se complètent dans notre amour,
mais ce n'était qu'une envie que je ne pouvais réaliser...
Je pensais à plein de choses, mon esprit était
ailleurs, j'en avais oublié ce qui se pouvait se passer autour de moi, quand je
les ai entendus. Je n'étais pas seul, autour de moi, deux femmes étaient
présentes, je ne les avais pas vues entrer, quel chemin elles avaient emprunté,
mais elles étaient dans la chambre, sans que je ne les y aie invités. Je les
entendais s'affairer, elles dansaient une farandole endiablée pour éviter que
je ne sois gagné par le sommeil et que je me réfugie dans les bras de Morphée.
Je ne les distinguais pas, la nuit était pleine, sans lune pour ternir sa
ténébreuse couleur. Mais elles troublaient le silence de leur chanson
envoûtante, se mélangeant dans leur mélodie, tantôt l'une à droite, l'autre à
gauche et vice-versa... Elles remplissaient l'espace de leurs sons, de leur
complainte et éveillaient des souvenirs en moi qui remontaient à l'été dernier,
alors que tu étais encore auprès de moi, ton ventre bien rond, à moins d'un
mois de cette date fatidique...
Elles me frôlaient, je sentais leurs caresses
furtives, puis s'éloignaient avant que je ne puisse les toucher. Cela en
devenait enivrant, je devais essayer de les distinguer pour les attraper, et
elles tentaient de me toucher en divers points de mon anatomie. J'en avais la
tête qui tournait, mes sens étaient en action au plus au point. Je tendais
l'oreille pour détecter le moindre bruit, le moindre son, le moindre mouvement
qui trahirait leur emplacement. J'augmentais la sensibilité de mon corps pour
ressentir le moindre frôlement, le moindre passage tactile de leur part. Elles
m'emmenaient dans leur danse frénétique, et je tourbillonnais avec elles, elles
virevoltantes autour de moi...
Je ne pouvais me résoudre à trouver le sommeil,
elles étaient si proches et pourtant si loin, je les connaissais sans les
connaître, je savais qui elles étaient sans jamais les avoir rencontrés. Elles
jouaient avec moi comme avec un objet, j'étais leur objet de convoitise,
j'étais leur quête, leur Graal, je représentais l'envie pour elle, l'envie de
me lutiner, la luxure, ce besoin d'abuser de moi, la gourmandise, l'idée de
cette vigueur que je pouvais leur apporter, l'avarice, le fait de me garder
pour elles deux et me savourer... Quand je pensais les ressentir à droite, je
les entendais à gauche, quand je les ressentais à gauche, elle me taquinait le
bras à gauche... J'étais entré dans leur jeu, j'en rigolais, je leur parlais,
mais elles ne décrochaient mot, juste leur ritournelle lancinante comme pour me
narguer...
Leur danse devint tout à coup un peu plus
perverse, car non contente de me frôler et d'exacerber mon anatomie, elles
commencèrent à laisser la pointe de leur lèvres sur ma peau, si rapidement que
je n'avais le temps de les capturer, mais j'en sentais néanmoins la morsure, là
où elles avaient déposé leurs baisers, pas des baisers d'amour, doux et
sensuels, mais plutôt des baiser bestiaux, laissant des traces indélébiles et
une démangeaison instantanée. Et elles y allaient de gaieté de cœur, alors que
je n'appréciais plus d'être l'objet de leur attention. J'essayais d'être plus
rapide dans mes mouvements, mais je ne faisais que de me taper dessus au final,
sans même les effleurer, se moquant de moi en amplifiant leur chanson devenue
de guerre...
J'allumais enfin la lumière et je les vis, là,
adossées contre le mur. Deux femelles moustiques, pleines du sang qu'elle
m'avait dérobé par les multiples piqûres dont elles avaient marqué mon corps me
toisaient, prêtes à repartir à l'attaque, mais je ne leur ai pas laissé le
temps, un coup d'oreiller leur coupa le sifflet instantanément, ne laissant que
deux traces rouge maculé le mur où un instant avant, elles se targuaient de
pouvoir encore me sucer le sang. J'allais enfin pouvoir dormir, si je ne me
démangeais pas trop, car j'avais la peau couverte de leur passage et de leur
amour. Marion dormait paisiblement dans sa chambre, elle avait été épargnée par
les moustiques, heureusement pour elle...
J'ai pu replonger dans mes rêves auprès de toi,
afin que tu me réconfortes et que la douceur de tes lèvres efface de doux
baisers les morsures que les moustiques y avaient ancrées. Je me sentais bien,
j'étais contre toi, je t'enlaçais et nous nous endormions paisiblement. Et
quand je me suis réveillé au matin, tu n'étais plus là, mais les traces de la
veille étaient toujours présentes... Que c'est difficile de vivre sans toi, si
loin de toi, tout seul, sans ton amour au quotidien, même un simple moustique
en arrive à me perturber, alors qu'avant, je ne voyais que toi, le monde
pouvait s'écrouler autour de nous, je ne m'en rendais compte... Je t'aime,
Caroline, j'ai besoin de toi, reviens auprès de nous, franchis à nouveau le
seuil de la mort dans l'autre sens et partageons notre amour éternel à nouveau
sur cette Terre, autour de Marion...
Ton
Ptit Caillou
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| Créé le : |
09 avr. 2008 18h34
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Article posté par : |
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Ma pierre précieuse,
Merci pour cette douce chaleur que tu as commandé pour nous
et qui nous fait enfin sentir que nous sommes en été. Merci pour ta
bienveillance envers nous, pauvres hères subissant l'assaut des averses à
répétition, entre deux orages. Merci mon cœur, de m'apporter ce baume au cœur
et de permettre à Marion de déambuler dans le jardin dans risquer de
s'embourber dans les mares que les nuages ont remplies à satiété. Cette douce
chaleur a fait ressortir les estivants de leur home et abandonner leur pull
pour revêtir enfin leur tenue de saison. Le thermostat céleste a enfin été
débloqué, Marion a pu jouer dans sa petite piscine extérieure.
La chaleur nous a étreints de ses mains fortes, les gens se
plaignaient du froid persistant, là, ils ont été servis sous des températures
somme toute caniculaire, comme aiment à le seriner les présentateurs de la
météorologie nationale, dès qu'il fait plus de 30° une journée quelque part en
France. Je me suis habitué à cette chaleur lorsque nous cohabitions chez toi,
sous les toits... Ton appartement était situé au dernier étage d'une résidence
de quatre étages. Deux velux permettaient d'éclairer ton antre et nous aimions
regarder dehors ce qui se passait chez tes voisins sans être vu. Le plus
marrant était les prises de becs de ceux d'en face, prises de becs récurrentes
quand le langage de l'un correspondait à la surdité de l'autre.
Mais l'été venu, le soleil du sud aimait réchauffer
l'atmosphère intime de ton chez toi via ces deux velux. Lorsque nous rentrions
le soir, c'était une véritable étuve. Une chape de chaleur nous accueillait et
déposait un manteau pesant sur nos épaules. Tes deux climatiseurs ne
suffisaient pas à rendre vivable ton appartement, nos corps dégoulinaient de
sueur dès que nous mettions un pied dedans, et se coller l'un à l'autre n'était
pas agréable, loin de là, le contact chaleureux de l'autre avait l'effet
inverse de lui escompté. Nous étions abrutis, nous nous laissions tomber comme
des loques...
Bien sûr, prendre une douche nous procurait du bien-être,
mais lorsque nous en sortions, ce n'était que pour être recouverts de
gouttelettes de sueurs remplaçant celles d'eau. Nos bains étaient fréquents
pendant ces périodes chaudes, et nos étreintes balnéaires ne permettaient pas
de rafraîchir notre environnement de
vie.
Nous nous laissions tomber devant les climatiseurs, et nous
n'en bougions plus, le moindre effort était exclu sous peine de perdre un litre
de transpiration. Mais le frigidaire n'était pas à côté, et il fallait toujours
que l'un de nous deux se dévouent pour ramener des boissons fraîches dans un
verre rempli de glaçons... A ce jeux de faire fondre l'autre, sans jeu de mots,
tu étais experte, ton regard de biche proche de la mort simulée marchait dans
la plupart des cas, sauf lorsque je faisais celui du faon, en me blottissant
contre toi avec mon air bébé, mais je n'avais pas ton ancienneté dans l'art
d'amadouer les gens les yeux dans les yeux. Comme une âme en peine, je me
levais, et une cascade de sueur prenait vie tout au long de mon anatomie, me
donnant l'effet de concourir pour un défilé de t-shirt mouillé, le prix de la
plus jolie bouée m'étant décerné d'office...
Le seul avantage que nous trouvions à cette canicule
interne, c'était de pouvoir manger plein de glaces qui dégoulinaient sur nous
alors qu'elles fondaient avant que nous ne les ayons finis, et de profiter de
nos jeux de langues pour déclencher des frissons à la surface de notre peau,
moments rafraîchissants. Nous perdions également du poids, tu n'en avais pas
besoin, toi, mais moi un peu, même si tu aimais t'assoupir le soir sur ma bouée
abritant les carrés de chocolat que je cachais pour éviter toute émeute lors de
mon exposition solaire sur les plages des littoraux... Oui, je te plagie, tu
aimais me répéter cette phrase pour que je ne me focalise pas sur cette bouée
que je voulais à tout prix perdre, mais dont tu étais fière, car c'était ma
marque de fabrique me rendant modèle unique, donc rare et cher et une espèce en
voie de disparition à protéger...
Que tous ces moments me manquent, je n'ai plus que mes
souvenirs avec toi pour les vivre, mais nous n'en créerons plus ensemble, du
moins sur cette Terre. Avec Marion, j'écrirais un nouveau livre à quatre mains,
alors que le nôtre était peine
entamé... Le voile de tes mains frôlant mon corps dégoulinant de sueurs sous la
chaleur estivale ne me fera plus frissonner que dans mes rêves, la glace qui
chemine entre mes pectoraux ne sera plus lécher par toi que dans mon esprit,
mais mon cœur à jamais se souviendra de toute la chaleur du tien que tu m'as
offert pour mon plus grand bonheur... Je t'aime à en mourir, mon amour...
Ton Ptit Caillou
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| Créé le : |
02 avr. 2008 21h04
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Article posté par : |
Web |
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Ma chérie,
Pourquoi n’es-tu pas à mes côtés pour voir Marion
s’épanouir, pourquoi a-t-il fallu que le destin se mêle de notre vie après nous
avoir réunis pour nous séparer à jamais dans ce monde des vivants, pourquoi
n’a-t-on pas eu le droit de vivre notre amour comme nous l’aurions souhaité,
pourquoi t’a-t-on pris à moi, pourquoi toi et pas moi, pourquoi une Maman
n’a-t-elle pas le droit de voir la chair de sa chair grandir, auprès d’elle et
non là-haut, dans cet univers céleste où tu te trouves désormais, pourquoi la vie
n’épargne pas ceux qui s’aiment…
Tant de question que je me pose quand je vois Marion
grandir, quand je vois Marion sourire, quand je vois Marion faire des bêtises,
et d’en être fière en plus. Il est vrai que parfois, je lui tends la main pour
qu’elle réussisse parfaitement ses bêtises, une bêtise à moitié réalisée n’est
jamais une vraie bêtise. Mais bon, c’est tellement agréable de la voir rire,
cela me met du baume au cœur, illumine ma journée pour atténuer l’effet des
ténèbres de ton trépas.
J’étais en train de changer Marion quand le téléphone a
sonné. Et elle ne voulait pas me laisser lui remettre sa couche, elle
gesticulait des pieds pour me repousser en rigolant, et je n’arrivais pas à me
concentrer sur l’appel. J’ai remis Marion par terre, les fesses à l’air, pour
la laisser gambader un peu dans le salon. Aussitôt par terre, aussitôt elle a
essayé de se mettre debout et en s’accrochant à tout ce qu’elle pouvait, elle a
commencé à déambuler. Je la suivais de loin, le téléphone à la main, à ma conversation
tout en surveillant qu’il ne lui arrive rien et qu’elle ne fasse pas de bêtise
non plus.
Soudain, elle me regarda en poussant un « oh », je
n’ai pas compris de suite, mais un petit bruit suspect m’alerta. Marion était
de profil, donc je ne voyais pas, mais d’un seul coup, j’ai aperçu des
éclaboussures à ses pieds, Marion était en train de se faire pipi dessus et de
marquer son territoire à l’embrasure d’une porte. Elle en rigolait, toute
guillerette, j’ai arrêté de suite la conversation, mais le mal était fait,
Marion s’était totalement soulagée, et elle piétinait dedans, contente d’en
mettre partout. Quand elle a vu que je m’approchais d’elle en lui parlant fort,
non pas pour la gronder, puisque j’étais le seul fautif de ne pas lui avoir
remis la couche, mais pour éviter qu’elle ne bouge, Marion a pris cela pour un
jeu et s’est mise à quatre pattes pour pouvoir s’éloigner de moi en avançant
plus vite.
Bien lui en a pris, elle s’est mise dans son pipi et à
commencer à avancer en laissant derrière elle une traînée jaunâtre, alors que
je continuais à l’appeler. J’étais de l’autre côté du salon, le temps d’arriver
jusqu’à elle, elle se carapatait en continuant son petit bonhomme de chemin,
pensant toujours à un jeu, son Papa étant un gentil monstre qui cherchait à
l’attraper pour lui manger son petit bidon. Ce petit jeu nous a menés chacun
d’un côté du canapé, j’essayais de la rejoindre en évitant de marcher dans
les flaques de pipis, et elle continuait de me fuir alors que je partais dans
un sens. En faisant demi-tour, j’ai réussi enfin à la rattraper pour la
soulever à bout de bras, pour éviter que Marion ne m’en mette aussi dessus.
Alors que je lui montrais ce qu’elle avait fait, elle était
hilare, ses petites joues rouges, elle frétillait comme un petit poisson, et
continuait d’être dans son petit jeu, je ne pouvais qu’en sourire, elle était
si craquante, si nature. Il a fallu que Papa lui fasse prendre un petit bain
pour la nettoyer, bien sûr, j’ai eu le droit également à ma dose d’eau par jeu
d’éclaboussure, et je lui ai remis une couche, chose que j’aurais dû faire
finalement au lieu de me laisser distraire par le téléphone et de baisser les
bras devant son insistance à me repousser. Je l’ai mise un instant dans son
parc pour que je puisse avoir les mains libres et laver le salon, non sans
oublier de l’aérer pour disperser la petite odeur désagréable qui parfumait
l’atmosphère…
J’aurais aimé que tu sois là, tu en aurais rigolé comme moi,
tu aurais même mieux réagi que moi, j’en suis certain, tu ne te serais pas
laissé faire par Marion, je suis peut-être trop léger avec elle parfois, mais
je n’ai plus qu’elle pour me rattacher à la vie, me rattacher à toi, elle est
le dernier lien qui nous unit ici. Tu me manques tant, tu sais, Marion a tant
besoin de toi et de ta douceur, mon bébé. C’est si dur de ne pouvoir que
t’écrire « je t’aime », alors que je voudrais tant de le dire dans
les yeux…
Ton
Ptit Caillou
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| Créé le : |
25 mars 2008 19h54
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Article posté par : |
Web |
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Mon bel amour,
Les vacances se profilent, mais je n’en ai pas vraiment le
goût. Bien sûr, je vais profiter plus de Marion, bien sûr, je vais pouvoir me
reposer, mais ces vacances n’auront plus jamais la même saveur, car tu ne les
partageras plus, nous ne découvrirons plus ensemble de nouveaux horizons,
alors, je n’ai pas le cœur à partir, nous allons rester ici, à Etretat, dans
notre petit coin de paradis, dans cette maison qui est le nid de notre amour, où
tout ce qui s’y attache me rappelle à toi.
Oui, cette maison où nous voulions partager le restant de
nos jours, que nous avions cherché depuis toujours et qui était là, à nous
attendre simplement. Nous voulions nous échapper de la grisaille parisienne, ne
plus supporter le stress et la nervosité des gens, pouvoir s’échapper des
transports en commun et des embouteillages à répétition, et respirer le bon air
de la campagne et de l’iode marine. Etretat était une évidence pour nous, tu
m’avais fait aimer ce coin, tu me l’avais fait redécouvrir avec les yeux de
l’amour, et nous n’envisagions pas d’autres destinations pour faire germer
notre amour et pour accueillir les enfants que nous souhaitions.
Après étude de notre budget, nous avons parcouru les agences
immobilières des environs pour découvrir ce qu’ils avaient comme offre. Mais
nos premières présentations de maisons ne nous enchantèrent guère, sans nous
décourager. De vieilles bicoques avec tout à refaire à l’intérieur, à se
demander comment la maison pouvait encore tenir debout quand nous constations
l’état des joints des meulières, ou de véritables courants d’air où les murs ne
servaient qu’à délimiter des pièces, mais pas à conserver la chaleur. D’autres
maisons magnifiques, avec piscine attenante, de belles pièces dont les plafonds
étaient dessinés de poutres anciennes, des jardins retracés à la Le nôtre, nos
regards pétillaient devant tant de splendeur, mais il y avait un petit hic,
c’est que notre budget ne nous permettait que de visiter et de rêver, mais pas
d’acheter pareilles maisons.
Hors de question de penser à une maison de ville sans
jardin, encore moins d’un appartement, nous désirions un jardin pour pouvoir
nous détendre le soir à regarder le soleil se coucher, assis dans l’herbe
autour d’un verre de champagne, blottis l’un contre l’autre pour l’été, et une
cheminée dévorant de grosses bûches et une belle flamme léchant l’âtre pour
l’hiver. Nous n’étions pas découragés par ce que nous voyions, mais nous
doutions que les agences puissent un jour trouver notre bonheur.
Comme nous étions sur place, nous en avons également profité
pour parcourir les alentours, nous reposer entre campagne et mer, entre douceur
des étendues vertes, et repos du regard face à l’étendue azurée. Et au détour
d’une route, une petite pancarte manuscrite, « A vendre ». Nous nous
sommes pris la main et nos cœurs se sont mis à battre, elle était là et nous
attendait, nous ne savions pas l’expliquer, mais au fond de nous, il n’y
avait aucun doute, cette petite maison de meulière dans ce petit coin de
paradis, pas le paradis avec un jardin luxuriant, mais au contraire, la
simplicité du cadre. Nous avons frappé à la porte, et une personne âgée nous
entrouvrit la porte. Lorsque nous lui avons dit que nous souhaiterions visiter
sa maison, ayant vu le panneau, son sourire s’illumina et la vieille dame nous
expliqua qu’elle n’y croyait plus, que peu de personnes étaient venues et que
le lieu un peu retiré gênait. Bien au contraire, nous appréciions ce lieu
retiré, et la visite de la maison nous conforta dans notre ressenti.
Un vieux salon à l’ancienne, avec des poutres à restaurer,
une cheminée trônant au milieu, nous nous imaginions déjà devant. La cuisine
vieillotte, mais dans laquelle tu te voyais déjà en train de mijoter de bons
petits plats après une réfection de la pièce. Un grand garage pour y garer au
moins deux voitures, avec un cellier attenant pour y cacher toutes nos dives
bouteilles dont nous ferions l’acquisition une fois sur place. A l’étage, trois
chambres et une grande salle de bain pour finir la visite de la maison. Même si
nous n’étions pas des professionnels du bricolage, sous tes conseils, notre
petit nid prendrait forme. C’était cette maison et nulle autre que nous
souhaitions.
La vieille dame nous offrit un café et nous expliqua qu’elle
devait partir car la maison n’était pas conçue pour une personne de son âge,
elle commençait à avoir des difficultés pour s’y déplacer. Et elle nous compta
sa vie avec son mari, tous les jolis moments qu’elle avait vécus ici, cette maison
qu’elle n’aurait voulu quitter mais que les méfaits de l’âge l’obligeait à
quitter à contrecœur. Lorsque nous avons abordé le coût de l’acquisition, son
prix nous fit couler les larmes aux yeux, et sans nous concerter, c’est d’un
« Oui » commun que nous lui avons répondu. Elle se joint à nos larmes
car elle ne croyait plus la vendre non plus, et les démarches administratives
réglées, trois mois plus tard, tu franchissais le pas de la porte dans mes
bras…
J’en frissonne encore de te l’écrire, c’est si merveilleux
pour nous, notre chez nous à nous, notre maison du bonheur. Elle respire
toujours ce que tu lui as apporté, tes petites touches de vie, de couleur, elle
est toi, tout simplement. Jamais je ne la quitterais, ce serait comme te dire
au revoir une seconde fois. Cette maison est une partie de la concrétisation de
notre amour, et Marion le ressent, elle semble épanouie à y vivre. Merci mon
amour d’avoir fait de cette maison notre petit coin de paradis à nous, mais
l’ange qui y vivait me manque tellement, cet ange qui ensoleillait ma vie, toi
ma douce Caroline, que j’aime à la folie et même plus encore. Ma chérie, que la
vie est difficile sans toi et tout ce que tu représentes pour moi…
Ton
Ptit Caillou
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| Créé le : |
22 mars 2008 21h20
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Article posté par : |
Web |
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Mon ange de
cristal,
Le temps n’est
plus le même, le soleil a du mal à se lever le matin, et ses rayons sont
ternis, ils n’ont plus le même éclat, la même chaleur, la même intensité… Les
nuages prennent le pouvoir, estompent la lumière, pire, la transforment en
grisaille et expulsent leur colère en grêle, orage, coup de vent, bruine
et autres ondées… Avril est passé, avec son dicton de ne pas se découvrir, avec
des températures dignes d’un mois de Juillet pour laisser place à Mai, où en
principe, nous devons faire ce qu’il nous plait, et pour cette année, c’est
ressortir les pulls, aller chez le médecin pour soigner son rhume ou ses
allergies aux imperméables et autres bottes en caoutchouc…
Oui, tu vois,
ton absence influence aussi le temps, le ciel nous inonde de ses larmes, toi
qui étais le reflet du soleil, qui ensoleillait ma vie, mon existence… Même le
sourire de Marion n’y fait rien, elle n’a pas encore ta force, cela viendra
avec le temps, pour le moment, elle se contente d’être arrosée comme la jolie
fleur qu’elle est… Ma vie ne sera plus jamais la même, tu le sais d’où tu
m’observes, dans ton nouveau pays, tout ce que tu m’as apporté par le passé, je
ne l’aurais plus qu’en souvenir dans mon esprit, qu’en perpétuel recommencement
au fond de mon cœur, mais plus de nouveautés, plus de moments à créer et
recréer… Ah, si tu étais encore auprès de nous, si ce maudit jour ne s’était
produit, oui, si…
Si tu étais
encore là, à mes côtés, un seul de tes regards, à la fusion de braise,
suffirait à faire fondre les icebergs. Le doux son de ta voix permettrait de
faire stopper toutes les guerres et d’entrer dans l’âge de paix. La lumière de
ton sourire éradiquerait la famine, chacun mangerait à sa fin, plus de
mortalité pour des hommes et des femmes affamés, ce qui ne devrait être au
vingt-et-unième siècle. L’envol de ta crinière blonde chasserait la maladie
dans un claquement de fouet, et donnerait l’impulsion manquante aux dernières
trouvailles en matière de médecine. Le toucher de ta main soignerait les plaies
physiques et les douleurs de l’âme. Un seul de tes baisers donnerait le sens au
mot « heureux », le cœur des hommes s’enflammerait vers un âge d’or
jamais connu. La simplicité de tes gestes pourrait changer le cours du temps,
comme le battement des ailes du papillon le fait à l’heure actuelle. La moindre
de tes envies te ferait devenir reine, car comment résister à une sirène
croisée avec un ange…
Chacun de tes
rires pourrait procurer le bonheur aux gens tristes et chasser la morosité qui
nous entoure. Un seul battement de tes cils pourrait changer le climat mondial,
plus de sécheresse, plus de mousson, qu’un climat tempéré partout, pour des
cultures à foison à travers le monde. Mais au contraire, chacune de tes larmes
suffirait à faire déborder les océans, et à remodeler la géographie de la
planète. Une seule de tes colères pourrait entraîner l’apocalypse et être pire
que les plaies d’Egypte. Ton cri pourrait déclencher des tremblements de terre,
les failles se seraient entrouvertes pour engloutir tout sur leur passage.
Taper du pied engendrerait des tsunamis encore jamais vus sur Terre, et
recouvrirait de raz-de-marée toutes les villes côtières...
Mais tu n’es
plus auprès de moi, et tout cela n’est que vil rêve, utopie issue de mon esprit
attristée par ta perte, tu étais la femme de mes rêves, non tu es la femme de
mes rêves. Depuis ton départ, mon univers s’est brisé, comme s’étant contracté
sur lui-même en un énorme trou noir ravageant tout sur son passage, peut-être
encore une de tes manifestations célestes de ta colère de n’être plus à mes
côtés… Mais je me raccroche à mes souvenirs, à nos souvenirs, eux sont l’image
de ce que tu as fait, de ce que tu aurais pu faire, … Oui, tes sourires
redonnaient l’espoir aux enfants dont tu t’occupais chaque jour, ta tendresse
leur offrait ce qu’ils n’avaient jamais connu jusque là ou très peu, ton
dévouement en leur donnant la vision de ce qu’était être aimé, au lieu d’être
rejeté, battu, pour ne pas dire pire…
Aujourd’hui, tu
n’es plus, et pourtant, tu es tant au fond des cœurs des gens que tu as côtoyé,
au fond de l’âme des gens à qui tu as montré un nouveau chemin, tu es un
exemple à suivre pour certaines petites filles à qui tu as tendu la main, et tu
as donné le meilleur de toi pour notre petit amour de Marion. Mais tu manques à
tous ces gens, et encore plus à moi, je ne suis plus rien sans toi, je ne suis
qu’un enfant perdu dans une forêt vaste, esseulé et aveugle, et pleurant à qui
voudra lui rendre sa mie, son amour perdu, l’être qui lui a le plus offert sans
rien attendre en retour… Je t’aime ma Caroline, je ne te l’ai pas assez dit de
ton vivant, et je ne me lasserais de te le dire jusqu’à ce que la mort nous
rapproche…
Ton
Ptit Caillou
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